samedi 9 août 2008

Etude d'Esther 6


A) La nuit du revirement :

La potence dressée pour Mardochée, la première invitation d’Esther passée, une nuit seulement subsiste dans le temps pour apporter salut et dénouement pour la situation des Juifs. Une nuit : un délai qui paraît si court mais qui, nous allons le voir, entre les mains de Dieu, sera suffisant pour changer la situation et amorcer de manière irréversible le processus de la délivrance d’Esther et de son peuple et de la chute de leur persécuteur.

Les évènements marquant de cette nuit-là : v 1 : l’insomnie du roi :

Nous ne savons pas exactement à quoi elle est due, quels soucis, quelles pensées l’agitaient au point de lui faire fuir le sommeil. Etait-ce la curiosité éveillée par la démarche de la reine qui, par 2 fois, lui avait caché la raison de son initiative risquée auprès de lui ? Quelle qu’en soit la cause, l’insomnie du roi n’est pas due au hasard. Elle est le résultat de l’action de Dieu qui veut éveiller et attirer son attention sur un fait et des évènements qui, depuis longtemps, sont oubliés et enfouis dans sa mémoire.

Nos insomnies ne sont pas toujours dues non plus au hasard. Elles peuvent également être des moyens de Dieu pour nous parler et nous rappeler différentes choses :
- de régler le problème de notre colère : Eph 4,26
- de nous repentir et nous mettre en règle avec Lui au plus vite : Psaume 32,1 à 4
- de nous presser de nous occuper de manière urgente d’une affaire : Esther 6,1
- de nous avertir de nous détourner de certaines voies dangereuses pour nous : Dan 6,2
- de nous inviter dans des situations spirituelles clés à veiller et prier : Mat 26,40-41
Le désir du roi de se faire lire le livre de ses mémoires

Il aurait pu très bien pour trouver le sommeil demander autre chose : qu’on lui prépare un somnifère, qu’on lui joue de la musique ou qu’on lui lise autre chose. Les possibilités ne manquaient certainement pas. Le fait que le roi désire cette nuit-là qu’on lui lise les récits qui se rapportaient à sa propre histoire est, une fois de plus, la preuve que Dieu orchestrait tous les faits et les évènements qui s’y déroulaient.

Combien il est précieux pour nous aussi parfois que Dieu nous arrête pour nous rappeler et faire sortir de notre mémoire les évènements et les faits marquants de notre vie :

- quand nous doutons, les moments où, de manière claire, nous avons été avec Dieu et Dieu avec nous : 1 Tim 6,12
- quand nous sommes accusés, les promesses au travers desquelles Dieu nous assure de Sa grâce et de Sa faveur : Rom 8,31 à 39
- quand nous sommes négligents, un engagement ou une promesse non tenue : Eccl 5,3-4

La mémoire n’a en elle-même aucun pouvoir. Elle n’est qu’un appareil qui, avec fidélité, enregistre de manière précise et détaillée toute la connaissance accumulée et les faits et gestes de notre vie. Elle est l’instrument privilégié de l’Esprit de Dieu :
- pour nous rappeler en temps voulu ce qui nous est utile au sujet du Christ : Jean 16,13 à 15
- pour fournir au moment voulu les raisons du juste jugement de Dieu et de sa condamnation pour les perdus : Luc 16,25

Gloire à Dieu ! La mémoire de Dieu aura effacé de son souvenir tout ce qui aura été purifié et lavé par le sang de Christ : Rom 8,1 ; Héb 10,16-17

Son attention attirée par " l’affaire Mardochée " : v 2 et 3

Comme notre mémoire, le livre tenu par les chroniqueurs du roi est fidèle pour restituer avec exactitude ce qui le concerne. Pour nous aussi, tout est à nu devant Celui à qui nous devrons rendre compte : Héb 4,13. Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ pour recevoir de Lui selon le bien ou le mal que nous aurons fait dans nos corps : 2 Cor 5,10 ; Rom 2,5-11.16.

Soudainement conscient de la dette qu’il a envers Mardochée, le roi interroge ses serviteurs pour savoir quelle récompense celui-ci a reçu en réponse à sa loyauté. Il ne faudrait pas en effet que le souverain qui exerce le pouvoir sur le plus grand empire du monde soit redevable en quoi que ce soit à l’un de ses sujets ! Dieu de même, nous dit la Bible, n’oubliera aucune des actions que nous avons montrées par amour pour Son nom envers Lui ou envers les saints : Héb 6,10.

La venue de Haman tôt le matin pour accomplir son forfait envers Mardochée : v 4

Lui aussi peut-être n’a pas beaucoup dormi. Mais pendant qu’il tramait son noir complot contre Mardochée, Dieu travaillait quant à Lui dans le cœur du roi pour le délivrer. Notons ici la cascade d’évènements qui vont aboutir à la chute du persécuteur :

- bien que pressé et ayant clairement en tête ce qu’il veut dire au roi, celui-ci ne lui donne pas le temps de s’exprimer en premier : v 6. Ce n’est pas Haman qui a les rênes des circonstances entre les mains, mais Dieu. De même, dans notre faiblesse, nous ne sommes pas livrés exclusivement entre les mains de notre adversaire plus puissant que nous, mais sous le regard et le contrôle précis de Dieu : Job 2,6.

- bien qu’ayant un autre projet en tête, l’orgueil d’Haman excité par la proposition du roi qu’il croit lui être destiné, l’amène à formuler lui-même le châtiment qui conduira à son humiliation : v 7 à 9. De même, c’est par la sentence prononcée par leurs propres bouches contre Jésus que les chefs de ce siècle finiront par se condamner eux-mêmes : Mat 27,20-23 ; Actes 4,9-10 ; 1 Cor 2,7-8

- venu pour demander la tête de Mardochée, Haman quitte la présence d’Assuérus contraint d’appliquer en faveur du Juif qu’il hait et contre lui-même les paroles qu’il a prononcées : v 10 et 11. Un jour aussi, tout genou fléchira et toute langue confessera que Jésus est Seigneur : Phil 2,10-11, ceux qui L’auront aimé comme ceux qui L’auront haï : 2 Thes 1,8-10 ; Apoc 1,7.

Publiquement humilié par la gloire qu’il a donnée, contre son gré, à son pire ennemi, Haman retourne auprès des siens confus et défait. Telle est aujourd’hui la situation dans laquelle se trouve Satan, ce fier esprit, depuis la défaite de Golgotha : Col 2,15. Conscient du processus irréversible engagé pour sa perte, les amis et la femme d’Haman lui signifient clairement quel est le sort auquel il doit désormais s’attendre : v 13. Il l’abandonne ainsi à son sort tragique omettant de lui donner, dans la circonstance, le seul conseil de bon sens dont il aurait besoin : se repentir de son projet et de son dessein de faire périr les juifs avant qu’il ne soit trop tard. Telle est l’œuvre du diable qui, après avoir utilisé des hommes pour servir à ses desseins, les abandonne ensuite à leur sort et à leur désespoir : Mat 27,3 à 5

N’ayant pas le temps de souffler, les serviteurs du roi arrivent à la porte pour l’emmener au festin organisé par la reine : v 14. Pour Esther aussi, la nuit fut loin d’être tranquille. Comme Dieu, elle aussi s’est mise à l’œuvre pour mettre la dernière main à la réalisation de son double projet de dénonciation du mal et de salut pour son peuple. Haman est désormais pris et complètement empêtré dans les mailles du filet qu’il a tendu : Ps 57,7. Tôt ou tard, les méchants devront s’incliner devant les bons et les injustes devant les justes : Prov 14,19 ; Apoc 2,9.

B) Conclusion :

Nul ne peut lutter avec Dieu sans finir par tout perdre. Que Dieu nous donne déjà dans cette vie, non de Lui résister, mais de nous soumettre à Lui joyeusement et volontairement : 1 Pierre 5,5-6

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